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Fonds monétaire international - Wikipédia

Fonds monétaire international

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Le Fonds monétaire international (FMI) est une institution internationale dont le rôle essentiel de nos jours est de fournir des crédits aux pays connaissant des déficits extérieurs et des difficultés financières. Il leur impose en contrepartie certaines politiques économiques. L’institution a été créée en 1944 et devait à l’origine garantir la stabilité du système monétaire international, dont la disparition au moment de la Grande dépression des années 1930 avait eu des effets catastrophiques sur l’économie mondiale. Après 1976 et la disparition de ce système monétaire, le FMI a hérité d’un nouveau rôle face aux problèmes d’endettement des pays en développement et à certaines crises financières.

Sommaire

[modifier] Naissance du FMI

Le siège du FMI à Washington
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Le siège du FMI à Washington

Le FMI est né en juillet 1944 lors de la conférence de Bretton Woods qui vît adopté le système monétaire international de l’après Seconde Guerre mondiale. Ce système, proposé par le représentant américain Harry Dexter White, reposait sur trois règles :

  • Chaque État devait définir sa monnaie par rapport à l’or, ou au dollar américain lui même convertible en or. Il en découlait pour chaque monnaie une parité officielle en or ou en dollar (système dit d’« étalon de change-or » ou « gold exchange standard »).
  • la valeur des monnaies sur le marché des changes ne devait fluctuer que dans une marge de 1% par rapport à leur parité officielle.
  • chaque État était chargé de défendre cette parité en veillant à équilibrer sa balance des paiements.

Afin d'essayer de garantir la stabilité du système monétaire international, les accords de Bretton Woods donnent naissance au Fond monétaire international. Le rôle de cette organisation est donc de promouvoir l’orthodoxie monétaire afin de maintenir un contexte favorable à l’essor du commerce mondial, tout en accordant des prêts à certains pays en difficultés dans le contexte de la reconstruction d’après guerre. Le FMI est plus ou moins complémentaire des autres grandes institutions économiques créées à l’époque : la BIRD (Banque internationale pour le développement et la reconstruction, aussi appelée Banque mondiale) qui fut créée en même temps que le FMI, et le GATT (General Agreement on Tariffs and Trade) signé peu de temps après.

Lors des négociations de Bretton Woods, le représentant britannique, l’économiste John Maynard Keynes, souhaitait la création d’une institution bien plus importante, une véritable Banque centrale mondiale destinée à émettre une monnaie internationale, le « Bancor ». Cette proposition fut rejetée. Elle aurait signifiée pour les États-Unis une perte de souveraineté vis-à-vis d’une institution internationale et les aurait empêché de profiter de la position dominante du dollar à l’époque.

[modifier] Le FMI dans le cadre du système de Bretton Woods

[modifier] Son fonctionnement

Le rôle du FMI a été de tenter de garantir le bon fonctionnement du système monétaire de Bretton Woods. Lorsque certains pays se révélaient incapables de maintenir la valeur de leur monnaie dans la marge des 1% prévue par les accords de 1944, ils pouvaient recourir à des dévaluations ou à des réévaluations selon les cas. Si leurs réajustements monétaires étaient supérieurs à 10%, ils devaient alors obtenir l’accord préalable de l’organisation.

Pour tenter d’éviter ce genre de situation, le FMI joue un rôle d’intermédiaire financier entre États membres. Ainsi chaque État doit verser à l’organisation une certaine somme, nommée « quote-part » et dont le montant est déterminé par sa puissance économique, elle même mesurée par son PNB (produit national de son commerce extérieur. 25% de cette quote-part doivent être payés en or, le reste en monnaie nationale. En cas de déséquilibre de sa balance des paiements risquant de menacer l’équilibre monétaire sur le marché des changes, chaque pays membre peut obtenir automatiquement 25% de sa quote-part (« droit de tirage »). Si le FMI le juge nécessaire, il peut prêter à ce pays jusqu’à 125% de sa quote-part. Ses prêts sont censés permettre aux banques centrales de défendre leur monnaie sur le marché des changes.

L’octroi de ces crédits est soumis à conditions et le pays demandeur doit s’engager dans une politique d'ajustement conseillée par l’organisation afin de remédier aux causes de la dépréciation de sa monnaie.

Le FMI fonctionne par ailleurs sur un système de vote, où les voix sont pondérées par le montant de la « quote-part ». Ainsi à sa création, les États-Unis à eux seuls détiennent 25% des voix. Les États-Unis sont par ailleurs les seuls à disposer d’un droit de veto au sein de cette organisation.

On remarque que dans un tel système, seuls les États-Unis n’ont pas besoin de se soucier, a priori, du cours de leur monnaie vu qu’elle fait office d’étalon. Ainsi les États-Unis pouvaient connaître d’importants déficits sans être soumis aux remarques du FMI.

[modifier] Premières propositions de réforme

Dans le cadre du système de Bretton Woods, chaque banque centrale nationale doit pouvoir échanger en or ou en dollar, toute somme de sa monnaie nationale qui lui serait présentée sur le marché des changes (principe de la convertibilité externe). C’est à dire que si un allemand possédant des francs le demande, la Banque de France se doit de les lui échanger contre des dollars américains ou de l’or. Dans un tel système, le dollar s’est d’abord révélé trop rare pour assurer cette fonction, mais à partir des années 1950, les déficits américains ont permis de faire du dollar une monnaie abondante. En 1959, certains pays demandent aux États-Unis la conversion de leurs dollars en or, ce qui provoque une première crise du système. Face à cette crise, l’économiste américain Robert Triffin (L’or et la crise du dollar, 1960) propose une réforme du FMI. Selon lui le système monétaire de Bretton Woods est confronté à un dilemme (le « dilemme [ou paradoxe] de Triffin ») :

  • Les États-Unis doivent fournir au reste du monde des quantités importantes de dollars afin de permettre l’essor du commerce mondial dont les règlements s’effectuent grâce à cette monnaie.
  • En même temps, ils se doivent de maintenir la valeur du dollar par rapport à l’or, ce qui revient au contraire à limiter l’émission monétaire.

Pour R. Triffin, les emprunts concédés par le FMI sont insuffisants pour permettre aux Banques centrales en difficulté de maintenir la parité officielle de leur monnaie sur le marché des changes. Il souhaite donc un renforcement du rôle de l’organisation en permettant des prêts plus importants qui seraient octroyés, non en monnaie nationale, mais dans une unité de compte commune et propre au FMI. Dans un tel système tous les pays devraient déposer une proportion uniforme de leurs réserves monétaires. Ses dépôts seraient comptabilisés dans une unité commune qui ne serait pas le dollar mais qui serait aussi convertible en or. Cette nouvelle unité de compte sous le contrôle du FMI permettrait la stabilité du système monétaire international, et résoudrait la contradiction qui découle du rôle prépondérant du dollar américain. Cette proposition célèbre ne sera pas retenue, bien que le diagnostic de R. Triffin se révélera exact.

[modifier] Création des droits de tirage spéciaux

Une crise similaire à celle de la fin des années 1950 se produit à la fin de la décennie suivante. À nouveau les spéculateurs jouent contre le dollar. Les détenteurs de la monnaie américaine demandent sa conversion en or, ce qui provoque en mars 1968 la suspension de la convertibilité externe du dollar, mesure visant à limiter la sortie d’or des coffres américains. En 1969, face à l’incapacité du dollar à jouer son ancien rôle, le FMI va créer de toute pièce une nouvelle monnaie, toujours existante, le DTS (droit de tirage spécial).

Le DTS est alors une monnaie définie par une parité en or ; elle fut à plusieurs reprises octroyées aux différents pays membres, selon leur quote-part, afin de créer de nouvelles liquidités internationales (en 1970, 1978 et 1981 puis récemment à certains pays n’étant pas membres de l’organisation aux dates précédentes, et ce dans un souci d’ « équité »). Aujourd’hui défini par rapport à un panier de monnaies (les 5 plus importantes), le DTS est surtout utilisé par les banques centrales (et à des usages très ponctuels : elle sert par exemple de monnaie de compte aux opérateurs téléphoniques pour le règlement des taxes d'interconnexions internationales.)

[modifier] La fin du système de Bretton Woods

En janvier 1976, les membres du FMI signent les [accords de la Jamaïque] qui permettent le flottement des monnaies. Le rôle initial principal du FMI, garantir la stabilité des taux de change dans une marge de 1%, a disparu.

[modifier] Le FMI, de 1976 à nos jours

[modifier] Objectifs du FMI aujourd’hui

Depuis 1976, le rôle du FMI consiste en premier lieu à soutenir les pays connaissant des difficultés financières. Lorsqu’un pays est confronté à une crise financière, le FMI lui octroie des prêts afin de garantir sa solvabilité et d’empêcher l’éclatement d’une crise financière semblable à celle qui frappa les États-Unis en 1929.

L'article I des statuts du FMI en fixe les buts : « Encourager la coopération monétaire internationale; faciliter l'expansion et l'accroissement harmonieux du commerce mondial; promouvoir la stabilité des changes; aider à établir un système multilatéral de paiements; mettre temporairement, moyennant des garanties adéquates, ses ressources générales à la disposition des États membres qui font face à des difficultés de balance des paiements. Plus généralement, et conformément à ses autres buts, le FMI a pour responsabilité d'assurer la stabilité du système financier international. » Le FMI est en ce sens, le responsable de dernier ressort de la liquidité du système financier international, pour éviter le blocage des échanges et la contagion à tout le système (risque systémique) de problèmes momentanés de solvabilité d'un pays ou d'une banque centrale donné. C'est une sorte de « banque centrale des banques centrales et trésors publics ».

Dans le cadre des prêts qu’il accorde, le FMI se doit de garantir auprès de ses contributeurs la bonne utilisation des fonds alloués à tel ou tel pays. Il ne s’agit pas seulement de retarder la crise par l’octroi d’une aide monétaire temporaire, mais de profiter du répit accordé par le prêt pour corriger les causes structurelles des difficultés économiques. Ainsi le FMI exige des emprunteurs qu’ils mettent en place les politiques économiques qu’il préconise : les « politiques d'ajustement structurel ». Finalement les trois grandes missions du FMI sont :

  • d’accorder des prêts aux pays en difficulté financière
  • de conseiller les États membres quant à leur politique économique
  • d’apporter une assistance technique et des offres de formation aux États membres dans le besoin.

[modifier] Fonctionnement et ressources

Les 9 premiers contributeurs du FMI détiennent à eux seul la majorité des voix
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Les 9 premiers contributeurs du FMI détiennent à eux seul la majorité des voix

Le FMI est gouverné par ses 184 pays membres, chacun ayant une voix pondérée par sa participation financière à l’organisation (sa « quote-part »). Il prend de nombreuses décisions en concertation avec la Banque mondiale au sein du « Comité de développement ». Sa gestion courante est confiée à un conseil d’administration composé du président de l’organisation et de 24 administrateurs représentant chacun une nation. 8 d’entre elles ont un représentant permanent (États-Unis, Royaume-Uni, France, Allemagne, Japon, Chine, Russie et Arabie Saoudite), les 16 autres sont élus par les pays membres.

La plupart des décisions sont prises dans les faits à l’unanimité. Cependant, compte tenu des modalités de prise de décision au sein du FMI, qui suppose une majorité qualifiée correspondant à 85% des droits de vote, les États-Unis disposent de fait d'un droit de veto sur les décisions du FMI. Les pays de la zone euro bien que représentant 22,66% des quotes-parts ont quant-à-eux une influence moindre du fait d'une insuffisante coordination entre ces pays. Une révision de la formule de calcul des quotes-parts est actuellement étudiée par le FMI, afin d'accorder une plus large place aux pays émergents, probablement au détriment de l'Europe.

Les ressources du FMI liées aux quotes-parts sont d’environ 210 milliards de DTS (soit 300 milliards de dollars américains), auxquels s’ajoute la possibilité pour le FMI de recourir à des emprunts envers les grandes puissances économiques (ces crédits sont de l’ordre de 50 milliards de dollars).

[modifier] Les politiques préconisées par le FMI

Cet article n'est pas fini. Son état est provisoire et sera modifié. Une version améliorée est en préparation.
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Là où il intervient, le FMI, avec l’aide d’autres organisations internationales octroyant des prêts (comme la Banque mondiale), négocie donc des plans dits d’ « ajustement structurels ». Ils consistent généralement à améliorer les conditions de production et d’offre via la promotion des mécanismes du marché. Parmi les mesures concrètes souvent exigées on trouve, l’ouverture du pays aux capitaux étrangers et au commerce international, la libéralisation du marché du travail et la réduction du poids de l’État, c’est à dire la privatisation de nombreuses entreprises. L’économiste américain John Williamson a regroupé l’ensemble de ces idées sous le terme de « consensus de Washington », en soulignant qu’elles sont partagées par la plupart des grandes organisations internationales (Fond monétaire international, Banque mondiale, Organisation mondiale du commerce…) dont la plupart ont leur siège à Washington.

Ces plans ne prévoient pas de baisses d'impôts, mais en général des baisses de dépenses conjuguées à des hausses d'impôts afin de rétablir l'équilibre budgétaire des états à problème. Par exemple, au Cameroun, le plan d'ajustement s'est traduit par des hausses de la fiscalité au point que le groupement patronal a du demander une "pause fiscale" de deux ans pour pouvoir faire face aux nouveaux impôts.

Les interventions du FMI se sont multipliées dans les pays en développement à partir des années 1980 qui virent éclater la crise de la dette du Tiers Monde, notamment à partir de 1982 et la cessation de paiement du Mexique. Toutefois le FMI est aussi parfois intervenu dans des pays développés, comme en Corée du Sud à la fin des années 1990.

[modifier] L'encouragement à la dérégulation du marché du travail

La déréglementation du marché du travail est une idée fréquemment mise en avant par le FMI pour soutenir la croissance économique. Le FMI utilise ainsi l'"indice de protection de l'emploi" (créé par l'OCDE, Organisation de coopération et de développement économiques), pays par pays, et encourage à sa diminution[1].

Si on prend le cas de la France, le FMI a soumis, en juin 2005, dans le cadre de sa mission de conseil, un rapport[2] sur l'état économique du pays et a salué la mise en place du Contrat nouvelle embauche. Il a encouragé le gouvernement à généraliser son application, à restreindre les prestations sociales, à éviter de nouvelles revalorisations du SMIC, ou encore à surveiller les chômeurs.

[modifier] Le FMI depuis les années 1980

Pour ce qui est des pays en développement, l’analyse des experts du FMI est simple. Depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, les pays ayant choisi d’opter pour une croissance introvertie, comme longtemps la Chine et l’Inde, n’ont pas connu de réussite économique, tandis que d’autres, comme les « dragons asiatiques », ont su profiter de leurs avantages, une main-d’œuvre abondante en particulier, pour s’ouvrir au commerce international et prospérer. Le FMI cherche donc généralement à contraindre les pays en développement à s’ouvrir au commerce extérieur.

Lors des années 1980, le FMI prend un nouveau rôle face à l’éclatement de la crise de la dette du tiers monde et impose ces politiques économiques d’ajustements structurels et de lutte contre la pauvreté à de nombreux pays d’Afrique et d’Amérique latine.

Le début des années 1990 est marqué par l’éclatement du bloc soviétique et la nécessité pour le FMI d’organiser le système monétaire des pays d’Europe de l'Est et de la Russie en vue d’une intégration dans le système financier mondial et d’une meilleure transition de ces économies dirigées vers l’économie de marché.

Au début des années 1990, les financiers internationaux avaient relancé leurs prêts au Mexique dans un contexte de réforme de marché qui visait à libéraliser l’économie. Toutefois à la fin 1994, les marchés financiers changèrent soudainement leur appréciation de la situation mexicaine, craignant d’avoir prêté davantage que le pays ne pourrait rembourser. La crise financière qui découla de ce soudain changement d’humeur des marchés entraîna un renflouement immédiat des investisseurs par le FMI et la Réserve fédérale des États-Unis (Fed). La crise fut rapidement surmontée. Pour certains analystes, le redressement rapide du Mexique n’est pas imputable au FMI mais au rôle des crédits commerciaux américains et à l’intégration du pays dans la toute nouvelle ALENA (Accord de libre-échange nord-américain).

La crise financière asiatique marque d’abord l’Indonésie en 1997 où le FMI impose une politique d’austérité monétaire et de rigueur budgétaire, malgré l’instabilité sociale et ethnique du pays. Plusieurs banques furent fermées là-bas ce qui provoqua selon certains analystes un aggravement de la crise. Face à l’expansion de la crise, les pays d’Asie ont adopté des positions différentes vis à vis des politiques préconisées par le Fond monétaire international. Certains pays comme la Chine ont évité la crise en adoptant des politiques d’expansion économique (le contraire des recommandations du FMI). La Malaisie n’a elle non plus pas suivi les conseils de l’institution et a pris des mesures telles que le contrôle des mouvements de capitaux ce qui a suscité des reproches du FMI. Toutefois d’autres pays ont connu un relèvement rapide en adoptant partiellement les mesures préconisées par le FMI. C’est le cas de la Corée du Sud, qui se garda pourtant d’adopter toutes les mesures proposées. Durant la crise asiatique certains pays se sont par ailleurs montrés extrêmement critiques vis-à-vis de la gestion de cette dernière par le FMI. Le Japon, en se gardant de critiques ouvertes vis-à-vis de l’institution, a pourtant proposé la création d’un Fond monétaire asiatique auquel il se déclarait prêt à contribuer à hauteur de 100 milliards de dollars.

Selon Joseph Stiglitz (Quand le capitalisme perd la tête), les aides accordées par le Trésor américain et le FMI ont contribué à réunir les conditions d’une crise en Argentine. D’après lui, les emprunts concédés à ce pays ont permis aux créanciers d’accorder des prêts sans se soucier de la condition économique réelle des emprunteurs : ils pensaient qu’ils seraient de toute manière renfloués par le FMI. De leur côté les emprunteurs ont effectué un raisonnement similaire ce qui au final a déstabilisé la situation financière du pays et alimenté la spéculation. Les États-Unis, via le FMI, avaient aussi imposé une libéralisation des flux de capitaux et une déréglementation du système bancaire. Certains pays d’Amérique latine, en particulier l’Argentine et le Chili ont été montrés comme exemples de la bonne mise en application des principes du « consensus de Washington ». Si les deux pays ont connu en effet une certaine réussite, l’Argentine a fini par voir son économie s’écrouler en 2001. Le Chili continue quant à lui son développement sur un très bon rythme de croissance.

[modifier] Critique du FMI

[modifier] Vote censitaire et partialité

Les États-Unis sont le contributeur principal du FMI, et possèdent presque 20% des droits de vote, ce qui leur donne un droit de veto. Les 10 premiers pays ont la majorité des droits de vote alors que le FMI compte 184 pays membres. Ce qui fait dire aux détracteurs du FMI qu'il est un instrument au service des grands pays finançant le FMI pour imposer les vues économiques de l'organisation, majoritairement sur les 174 autres pays contributeurs, ainsi que sur les pays ayant recours à aux financements du FMI. Ce système de vote censitaire est critiqué, notamment par les tenants de la mondialisation démocratique.

L'inégalité des droits de vote pose la question de l'équité du FMI. Dans La Grande désillusion, l'économiste américain Joseph Stiglitz fait par exemple du FMI une institution au service de son principal actionnaire, les États-Unis. Sa critique met régulièrement en lumière la partialité du FMI qui risque d'entraîner le déclin de cette institution : « si l'analyse des déséquilibres mondiaux par le FMI n'est pas équitable, si le Fonds n'identifie pas les États-Unis comme étant le principal coupable, s'il ne concentre pas son attention sur la nécessité de réduire le déficit budgétaire américain par des impôts plus élevés pour les citoyens les plus riches et de dépenses plus faibles en matière de défense, la pertinence du FMI risque fort de décliner au cours du XXIe siècle ».[3]

[modifier] Politique considérée néfaste pour les pays en développement

Des critiques ont pour source la plupart des organisations altermondialistes et proviennent également d'économistes réputés libéraux (cf. Friedman, ...) ou de la Banque mondiale. Elles considèrent que les interventions du FMI, même si elles permettent un dépannage momentané des pays du tiers monde qui les acceptent, aggravent la pauvreté et les dettes en supprimant ou diminuant la capacité d'intervention de ces États, ce qui les empêcherait de mieux régler leurs problèmes. L'argument principal se base sur le fait que le FMI préconise les mêmes recommandations économiques et globalement les mêmes plans d'ajustement structurel (essentiellement de privatisations et des ouvertures du marché intérieur) à tout pays demandeur d'aide, sans analyser en profondeur la structure de chacun. Sur la base du « Consensus de Washington », il préconiserait le plus souvent une plus grande ouverture aux capitaux, aux services et biens mondiaux, la privatisation des entreprises publiques ainsi que l'austérité budgétaire. On peut prendre comme exemple l'Argentine, qui était considérée comme un pays modèle par le FMI (pour avoir suivi à la lettre ses recommandations), mais qui a connu une grave crise économique en 2001.

Protestation contre le FMI et la Banque mondiale à Jakarta en 2004
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Protestation contre le FMI et la Banque mondiale à Jakarta en 2004

À ce sujet, l'américain Joseph E. Stiglitz a développé ces critiques, notamment sur la période 1990-2000, dans son livre La grande désillusion (2002). Au sujet de l'intervention du FMI dans les pays asiatiques, notamment l'Indonésie, l'économiste libéral Milton Friedman, a même déclaré que « sans le FMI, il n'y aurait pas le problème de l'Asie. Il y aurait peut-être des cas isolés, comme la Thaïlande, mais [qu']il n'y aurait pas une si grande crise à travers l'Asie ». La direction de la Banque mondiale s'est également montrée distante par rapport à la position du FMI et a renforcé l'impression que les deux institutions ne parlent plus systématiquement d'une même voix. M. James Wolfensohn neuvième président de la Banque mondiale, dans son discours du 6 octobre 1998, a déclaré « qu'il souhaiterait que les programmes de sauvetage financier attachent plus d'importance aux préoccupations sociales (comme le chômage) et que le FMI insistait trop en revanche sur la stabilisation des monnaies ».

Les populations peuvent être très critiques face aux politiques d'ajustement structurel (PAS). Par exemple, la population sénégalaise ne comprend pas pourquoi ce pays a dû privatiser tant ses chemins de fer, ce qui a abouti à la suppression de la ligne, que son Office national vétérinaire, mesure conduisant à l'élévation des prix des produits vétérinaires, entraînant un développement des épidémies et des parasites et aboutissant à décimer des troupeaux, abaisser la qualité sanitaire des animaux, et empêchant les exportations du bétail. La situation en Guinée et au Ghana[4] est sensiblement la même. En Mauritanie, la suppression de la propriété collective traditionnelle de la terre a entraîné une concentration de la propriété foncière dans les mains de transnationales agro-alimentaires.

Le problème peut être lié à la fois à une mauvaise connaissance du terrain par le FMI, et à une mauvaise communication de sa part.

Enfin, le FMI a subi un second revers en Amérique Latine, notamment en Argentine, dont le président Néstor Kirchner a rééchelonné unilatéralement la dette avec les créanciers privés, tout en escamotant 75% de celle-ci. Après avoir retrouvé dès 2003 d'importants taux de croissance (autour de 9%), elle a finalement décidé en 2005 le remboursement total de sa dette de façon anticipée prévue normalement en 2007, afin d'éviter l'étranglement de son économie par les intérêts, ce qui avait conduit à la crise financière selon Néstor Kirchner. Avec le remboursement de sa dette de 9,6 milliards de dollars au FMI, « L'Argentine commence à construire son indépendance », a dit M. Kirchner[5]. Le FMI s'est félicité du remboursement intégral de la dette de l'Argentine. Le Venezuela d'Hugo Chávez a aussi remboursé sa dette et refusé d'être pris en main par le FMI.

[modifier] Critique des conditionnalités dites d'ajustement structurel

Les critiques pensent que les conditions négociées avec le FMI, une entité supranationale, sous forme de plans d'ajustement structurel limitent la souveraineté des économies nationales en encadrant certains aspects de la politique de l'État.

Ils critiquent aussi l'impact de ces plans sur l'économie. De leur point de vue, l'action sur les salaires diminue d'autant le pouvoir d'achat nominal, la privatisation des entreprises publiques réduit la capacité de l'état à intervenir. De plus l'augmentation des importations mettrait souvent à mal les économies locales des systèmes de production traditionnels.

Selon eux, certains de ces plans, en entravant la réforme des terres agricoles tout en incitant à accroître le commerce des denrées agricoles, seraient parmi les causes des flux migratoires vers les villes, de l'extension des bidonvilles et de la pauvreté et de l'émigration vers les pays du Nord.

Ces plans sont aussi tenus pour responsable de la stagnation économique qui a frappé certains des pays qui les ont appliqués. Par exemple, la suppression ou la diminution des aides publiques pour l'éducation aurait dans certains pays handicapé la formation et nuit à la croissance. De même, des suppressions de programmes de santé auraient laissé le SIDA dévaster des populations, ainsi que l'économie en décimant la main d'œuvre.

[modifier] Critique de l'encouragement à la dérégulation du marché du travail

Cet article n'est pas fini. Son état est provisoire et sera modifié. Une version améliorée est en préparation.
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[modifier] Les dirigeants

Depuis 1946, le poste de directeur général du FMI a été successivement occupé par :

Un gentlemen agreement passé entre Américains et Européens veut que le directeur du FMI soit un Européen et celui de la Banque mondiale, un Américain.

[modifier] Les principales interventions

[modifier] Références

  1. voir Bulletin du FMI, Cas de l'Allemagne, 30 janvier 2006, page 28
  2. [http://www.imf.org/external/np/ms/2005/fra/071105af.htm France — Consultations de 2005 au titre de l'article IV Conclusions de la mission]
  3. Les Echos, 5 juin 2006
  4. Voir le documentaire Mondialisation, Quand le FMI fabrique la misère
  5. Selon Le Courrier, 22 décembre 2005, [1]

[modifier] Documentaires

  • Reportage de John Kampfner, BBC, diffusé en France dans Lundi Investigation sur Canal+ sous le titre Mondialisation, Quand le FMI fabrique la misère
  • Argentine et FMI, mémoire d'un saccage, 2003, Fernando E. Solanas. Sur les conséquences des politiques du FMI en Argentine

[modifier] Voir aussi

[modifier] Liens externes

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