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Littérature de langue arabe - Wikipédia

Littérature de langue arabe

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La littérature Arabe concerne tous les écrits (en prose ou en vers) rédigés en langue Arabe. Cela ne comprend pas les œuvres écrites avec l'alphabet arabe utilisé pour transcrire une autre langue comme c'est le cas avec le Persan ou l'Ourdou. Le terme arabe utilisé pour désigner la littérature est adab qui dérive d'un mot signifiant "inviter quelqu'un à un repas" et qui emporte les idées de politesse, de culture et d'enrichissement.

La littérature Arabe a emergé au 6ème siècle. Les temoignages antérieurs ne constituent que des fragments de langue écrite. C'est le Coran au 7ème siècle qui a eu l'influence la plus durable sur la culture Arabe et sa littérature.

Sommaire

[modifier] La littérature pré-islamique

La periode précédant la rédaction du Coran et le développement de la civilisation islamique est appelée Jahiliya ou "période de l'ignorance" par les musulmans. Ce terme d'ignorance faisant référence à l'ignorance religieuse. Bien qu'il y ait peu de trace de littérature écrite durant cette période, la tradition littéraire orale est déjà riche et développée. C'est dans les dernières décenies de la fin du 6ème siècle que commence à se développer une véritable tradition littéraire écrite. Les premiers écrits seront compilés deux siècles plus tard dans deux recueils de poèmes : le Mu'allaqat et le Mufaddaliyat. Ces ouvrages de synthèse ne donnent qu'une vision partielle de ce que pouvait être la littérature de l'époque. Il est probable que seul les poèmes ou les parties de poèmes jugés les meilleurs aient été conservés.

[modifier] La période Coranique et l'Islam

Le Coran a été la premiere oeuvre majeure et la plus influente de la littérature arabe.
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Le Coran a été la premiere oeuvre majeure et la plus influente de la littérature arabe.

Le Coran a eu une influence considérable sur la langue arabe. La langue utilisée dans le Coran a donné naissance à ce que l'on appelle aujourd'hui "l'arabe classique" qui joui toujours d'un important prestige parmi les locuteurs des dialectes arabes modernes. Non seulement le Coran est la première œuvre de longueur significative écrite en arabe, mais il présente également une structure bien plus complexe que les travaux littéraires précédents avec son organisation en 114 sourates (chapitres) qui contiennent 6236 ayats (versets). Il présente de nombreuses figures littéraires : injonctions, narrations, homélies, paraboles (considérées comme des paroles divines), ainsi que des instructions et même des commentaires sur le Coran lui-même et la manière dont il sera reçu et compris. Paradoxalement, il est également autant admiré pour ses multiples métaphores complexes que pour la clarté de son texte, une caractéristique qu’il mentionne lui même dans la sourate 16:103.

Bien qu’il contienne des éléments à la fois de prose et de poésie (ce qui le rapproche du genre littéraire saj’ ou prose rythmique), le Coran est considéré comme une œuvre unique qui n’entre pas dans ces classifications littéraires. Le texte est compris comme une révélation divine et il est vu comme étant éternel et incréé. Cette approche particulière a conduit à l’apparition de la doctrine du i’jaz ou “inimitabilité du coran” qui affirme que personne ne peut copier son style littéraire ni même ne doit essayer. En proscrivant les écrits d’inspiration coranique, cette doctrine du i’jaz a peut être un peu limité l’impact du Coran sur la littérature arabe. Le Coran lui-même critique les poètes dans sa 26ème sourate, appelée “Ash-Shu’ara” ou “Les Poètes”:

"Et quant aux poètes, ce sont les égarés qui les suivent." 16:224

Ceci a probablement exercé une pression sur les poétes pré-islamique du 6ème siècle dont la popularité parmi le peuple les mettait en concurrence avec le Coran. En effet, on constate ensuite un manque manifeste de poètes dignes de ce nom jusqu’au 8ème siècle. Une exception notable est cependant à relever, il s’agit d’Hassan ibn Thabit qui composa des poèmes à la gloire de Mahomet et fut connu comme le « poète prophète ». Tout comme la bible a tenu une place importante dans les littératures des langues étrangères, de même le Coran a marqué durablement l’arabe. Il est la source de nombreuses idées, allusions et citations et son message moral a influencé de nombreux travaux ultérieurs.

En dehors du Coran, les hadith qui consignent la tradition de ce que Mahommet est sensé avoir dit et fait dans sa vie constituent une véritable somme littéraire. La totalité de ces actes et travaux sont appelés sunnah ou « le chemin ». Parmi les hadith, certains, considérés comme plus authentiques, sont distingués sous le nom de sahih. L’une des collections de hadith les plus emblématiques inclus ceux de Muslim ibn al-Hajjaj et ceux de Mohammed al-Bukhari.

Une autre composition littéraire importante parmi les études Coranique est le tafsir ou « commentaire sur le Coran ». Les écrits arabes en relation avec la religion inclus également de nombreux sermons et des textes de prières comme les paroles d’Ali qui furent collectées au cours du 10ème siècle dans le Nahj al-Balaghah ou « le chemin de l’éloquence »

[modifier] L’Erudition Islamique

Les recherches sur la vie et l’époque de Mahomet et la détermination des parties authentiques des sunnah, furent une des premières causes majeures du développement de l’érudition en langue arabe. Une des raisons du rassemblement de la poésie pré-islamique tient au fait que certains de ces poètes étaient proche du prophète (comme par exemple Labid qui a vraiment rencontré Mahomet et s’est convertit à l’Islam) et que leurs écrits éclairaient l’époque à laquelle ces événements s’étaient produit. Mahomet a également inspiré les premières biographies arabes, connues sous le nom d’al-sirah al-nabawiyyah. La toute première fut rédigée par Wahb ibn Munabbih mais c’est Muhammad ibn Ishaq qui écrira la plus célèbre. Tout en traitant de la vie du prophète, les lettrés racontaient également les événements et les batailles du début de l’ère Islamique et leurs récits présentent aussi de nombreuses digressions sur les anciennes traditions bibliques.

Un certain nombre des premiers travaux qui étudiaient la langue arabe ont été commencé au nom de l’Islam. La tradition rapporte que le calife Ali, après avoir lu un Coran qui présentait des erreurs, a demandé à Abu al-aswad al-Du'ali d’écrire un livre qui codifierait la grammaire arabe. Un peu plus tard, Khalil ibn Ahmad écrira le "Kitab al-Ayn", premier dictionnaire d’Arabe qui comprenait également des travaux sur la prosodie et la musique. Son élève, Sibawayh, produira l’œuvre la plus respectée de la grammaire Arabe connue sous le nom de "al-Kitab" qui signifie simplement « le livre ».

D’autres califes ont exercés leur influence sur l’arabe comme Abd al-Malik qui en a fait la langue officielle de l’administration du nouvel empire, et Al-Mamun qui a fondé la Bayt al-Hikma ou « maison de la sagesse » à Bagdad, centre de recherche et de traduction. Les cités de Bassorah et Koufa, qui entretenaient une rivalité tenace, furent deux autres foyers d’enseignement importants dans le monde arabe naissant.

Les institutions fondées principalement dans le but d'analyser en profondeur la religion islamique, fournirent un apport inestimables dans l’étude de nombreux autres sujets. Le calife Hicham ben Abd al-Malik fut déterminant dans l’enrichissement de la littérature en enseignant aux lettrés à traduire les œuvres étrangères en arabe. Le premier de ces textes fut probablement la correspondance d’Aristote avec Alexandre le Grand, traduit par Salm Abu al-'Ala'. A l’Est, et dans un genre littéraire tout autre, Abdullah ibn al-Muqaffa traduisit les fables animales du Panchatantra. Ces traductions ont gardées vivantes l’érudition et l’enseignement, en particulier celui de la Grèce antique, alors que l’Europe est en plein Moyen-Âge. Beaucoup de ces travaux furent ensuite réintroduit en Europe par le biais des versions arabes.

[modifier] La poésie Arabe

Article principal : poésie arabe

Une grande partie de la littérature Arabe précédant le 20ème siècle se présente sous la forme de poésies, et même les écrits qui n’appartiennent pas à proprement parler à ce genre, contiennent des bribes de poésie ou prennent la forme de la prose rythmée ou « saj' ». Les thèmes du registre poétique vont des oraisons solennelles aux pamphlets acerbes ou encore des compositions mystiques et religieuses aux poèmes célébrant la sensualité et le vin. Une des caractéristiques essentielle du genre poétique, et qui sera également recherchée dans tous les autres genres littéraires, est l’idée qu’il doit être agréable à l’oreille. La poésie et la majeure partie de la prose furent écrite dans le but d’être déclamée a voix haute et un grand soin fut apporté pour rendre toutes les compositions aussi mélodieuses que possible. En effet « saj'» signifiait à l’origine « le roucoulement de la colombe ».

[modifier] La littérature non fictionnelle

[modifier] Les compilations et les manuels

Vers la fin du 9ème siècle, Ibn al-Nadim, un libraire Bagdadi compila un travail de toute première importance pour l’étude de la littérature Arabe. Son Kitab-al-Fihrist est un catalogue de tous les livres disponibles à la vente à Bagdad et il donne une fascinante vision d’ensemble de l’état de la littérature de cette époque.

Une des formes de littérature la plus fréquente durant la période des Abbassides fut la compilation. Il s’agissait de collection de faits, d’idées, de poèmes et d’histoires instructives traitant d’un thème à la fois et recouvrant des sujets aussi divers que la maison et le jardin, les femmes, les resquilleurs, les aveugles, la jalousie, les animaux et l’avarice. Les trois dernières de ces compilations furent écrites par al-Jahiz, un maître incontesté du genre. Ces collections furent très utiles aux nadim (compagnon d’un chef ou d’un noble) dont le rôle était souvent de régaler leur maître avec des histoires et des nouvelles utilisées pour distraire ou pour conseiller.

Un autre type d’œuvre fut associé de près aux collections, il s’agit du manuel, dans lequel les écrivains comme ibn Qutaybah donnèrent des instructions sur des sujets comme l’étiquette, comment gouverner, comment être un bon bureaucrate et même comment écrire. Ibn Qutaybah écrivit également l’une des toutes premières histoires du peuple Arabe en puisant à la fois dans les histoires bibliques et dans les contes populaires mais aussi et surtout en se referant aux événements historiques.

Le thème de la sexualité fut fréquemment exploré dans la littérature Arabe. Le ghazal ou poème d’amour a une longue histoire étant parfois tendre et pur et à d’autres moments beaucoup plus explicite. Dans la tradition soufi, les poèmes d’amour connaîtront une large portée mystique et religieuse. Des guides sexuels furent également rédigés comme « le jardin parfumé », le Tawq al-hamamah (« collier de la colombe ») de ibn Hazm et le Nuzhat al-albab fi-ma la yujad fi kitab (« jubilation des cœurs concernant ce qui ne sera jamais trouvé dans un livre ») de Ahmad al-Tifashi. D’autres ouvrages s’opposeront à de telles œuvres comme le Rawdat al-muhibbin wa-nuzhat al-mushtaqin (« la prairie des amoureux et la distraction des amoureux éperdus ») de ibn Qayyim al-Jawziyyah qui donne des conseils sur la manière de séparer l’amour et la luxure et ainsi d’éviter le péché.

[modifier] Les Biographies, Chroniques et Récits de voyages

En dehors des premières biographies de Mahomet, le premier biographe majeur a approfondir des personnages plutôt que de se limiter à la rédaction d’hymnes de louange fut al-Baladhuri qui, avec son Kitab ansab al-ashraf ou « livre des généalogies des nobles », présente une véritable collection de biographies. Un autre dictionnaire biographique important fut commencé par ibn Khallikan puis complété par al-Safadi. Enfin le Kitab al-I'tibar qui nous relate la vie de Usamah ibn Munqidh et son expérience des batailles des croisades constitua une des premières autobiographies d’importance.

Ibn Khurradadhbih, apparemment un fonctionnaire du service postal de l’époque, écrivit un des tous premiers guides de voyage. La forme se popularisa par la suite dans la littérature Arabe à travers les ouvrages d’ibn Hawqal, d’ibn Fadlan, d’al-Istakhri, d’al-Muqaddasi, d’al-Idrisi ainsi que ceux d’Ibn Battûta dont les voyages devinrent mémorables. Ces ouvrages donnèrent une vision fascinante des nombreuses cultures du vaste monde islamique et offrirent également des perspectives de conversion des peuples non musulmans des extrémités de l’empire. Ils firent connaître également à quel point les musulmans étaient devenus une puissance commerciale de premier plan. Le plus souvent, ces ouvrages prenaient la forme de comptes-rendus foisonnant de détails géographiques et historiques.

Certains écrivains se concentrèrent sur l’histoire en général, comme al-Ya'qubi et al-Tabari, alors que d’autres se focalisèrent sur des périodes et des lieux précis comme ibn al-Azraq qui relate l’histoire de la Mecque ou ibn Abi Tahir Tayfur qui écrivit celle de Bagdad. Parmi les historiens Arabes, c’est ibn Khaldun qui est considéré comme le plus grand penseur. Sa chronique Muqaddima, qui prend pour objet d’étude la société, est un texte fondateur de la sociologie et de l’économie arabe.

[modifier] La littérature fictionnelle

Il y a comparativement peu de fiction en prose dans la littérature arabe, bien que de nombreuses œuvres non- fictionelles contiennent de courtes histoires, une large proportion de celle-ci ont probablement été inventées de toutes pièces ou embellies. L’absence d’œuvre fictionnelle complète est en partie due à la distinction entre « a-fusha », la langue érudite et « al-ammiyyah », la langue populaire. Quelques écrivains se sont efforcés d’écrire des œuvres en langue populaire mais il a été ressentit que cette littérature devait s’améliorer et présenter des objectifs plus précis, c’est-à-dire être davantage instructive plutôt que d’avoir simplement un objectif divertissant. Ce point de vue n’a cependant pas mis fin au rôle traditionnel des « hakawati » ou conteurs d’histoire qui ont continué à raconter les épisodes distrayants des œuvres éducatives ainsi que les nombreuses fables et contes populaires qui n’étaient pas habituellement consignés par écrit.

Les contes des « Milles et une nuit », les plus connu de la littérature arabe et qui ont toujours un impact important sur les idées que les non-arabes ont de la culture arabe, constituent cependant une exception notable à l’absence de fiction. Bien que considérés comme d’origine arabe, il furent en fait développé à partir d’œuvres persanes et les histoires elle-même ont peut être des racines en Inde. Les histoires d’Aladin et la lampe merveilleuse et d’Ali Baba constituent de bons exemples de l’absence de prose fictionnelle populaire en Arabe. Habituellement considérées comme des épisodes des "Mille et une nuit", elles ne font en fait pas partie des contes originaux. Elles y furent incluses pour la première fois dans la traduction française du conte par Antoine Galland qui les avaient entendu de la bouche d’un conteur traditionnel. Auparavant elles n’existaient que dans des manuscrits Arabes incomplets. L’autre personnage haut en couleur de la littérature Arabe fictionnelle, Sinbad, provient bien, lui, des Mille et une nuit.

"Les Mille et une nuit" sont généralement rangés dans le genre de la littérature Arabe épique au côté de nombreuses autres œuvres. Ce sont habituellement des collections de courtes histoires ou d’épisodes enfilés ensemble dans un long conte unique. Les versions étendues furent consignées par écrit la plupart du temps relativement tardivement, après le 14ème siècle, quoique nombre d’entre elles furent indubitablement collectées plus tôt et plusieurs des histoires originelles remontent probablement à l’époque pré-islamique. Dans ces collections on peut trouver de nombreux types d’histoires différentes tels que : des fables animales, des proverbes, des histoires sur le Jihad et la propagation de la foi, des contes humoristiques, des contes moraux, et même des contes traitant de personnages caractéristiques comme l’escroc rusé Ali Zaybaq ou le farceur Juha.

[modifier] Le Maqâma

Le genre Maqâma (une forme intermédiaire de prose rimée), ne dépasse pas seulement l’opposition entre prose et poésie, elle est aussi une voie intermédiaire entre les genres fictionnel et non fictionnel. En dehors des séries de courts récits qui sont des fictions tirées de situations de la vie réelle, d’autres thèmes sont envisagés. Un exemple célèbre est le « maqâma sur le musc », qui se présente comme étant une comparaison des caractéristiques de différents parfums mais qui est en fait une satire politique masquée qui fait la comparaison entre plusieurs souverains concurrents. Le maqâma fait également usage de la doctrine du "badi" qui consiste en l’addition délibérée de tournures littéraires complexes destinées à montrer la dextérité langagière de l’écrivain. Al-hamadhani est considéré comme le fondateur du genre maqâma et ses travaux furent repris par Abu Muhammad al-Qasim al-Hariri, rédacteur d’un maqâma qui constitue une étude des travaux d’Al-Hamadhani lui-même. Le maqâma fut un genre incroyablement populaire de la littérature Arabe. Il fut l’une des rares formes que l’on continua à utiliser durant le déclin de la littérature Arabe au 17ème et 18ème siècle.

[modifier] La littérature arabe moderne

[modifier] La nahda

On appelle littérature arabe moderne la littérature qui débute avec la nahda (نهضة). Le terme qu’il est convenu d’appeler renaissance, signifie littéralement éveil, essor, envol . Ce mouvement est historiquement déterminée à partir du XIXè siècle. Il accompagne la longue agonie de l’empire ottoman, qui au début du siècle comprend encore la plus grande partie du Moyen-Orient et du Maghreb. Il est contemporain des premières convoitises occidentales, la France, le Royaume-Uni et l’Italie se disputant ces provinces de l’empire qui sera peu à peu démembré jusqu’à disparaître définitivement en 1923. Il est la conséquence indirecte des deux réformismes politico-religieux qui ont surgi au milieu du XVIIè siècle : celui de Muhammad Ibn ‘Abd al-Wahhâb (1703-1792), qui préchait le retour à un islam primitif, débarassé des innovations postérieures au IXè siècle ; et celui de la confrérie des Sénoussis (Libye) qui prônait, dès 1835, la résurrection nationale et luttait contre les Ottomans d’abord, les Italiens ensuite. Ce réveil est aussi le résultat en même temps que l’un des moteurs des réformes économiques, sociales et politiques que la Sublime Porte est peu à peu obligée de consentir et de celles qui, à la suite de la campagne de Napoléon Bonaparte (1798-1801), sont initiées en Égypte par Muhammad ‘Alî (1805-1839), puis poursuivies par son fils ‘Ismâ‘il (1863-1879). Il est enfin, au Liban et en Syrie, la conséquence de l’activité accrue des missionnaires, qui se servent de l’arabe pour leur enseignement et leut propagande, fondent des établissement scolaires, puis militaires, et installent des imprimeries ; Cet ensemble de facteurs va peu à peu transformer les mentalités, si bien que vers le milieu du siècle émerge au Proche-Orient ce que l’on a pu appeler l’intellectuel moderne. C’est du milieu du XIXè que l’on date parfois la Nahda, le réveil des lettres arabes se produisant à cette époque. Cependant, on considère souvent que l’événement qui en marque le début est la campagne d'Égypte de Napoléon, puisque c’est à ce moment que le monde moderne fait son intrusion dans la région. Entre 1798 et 1801, Bonaparte va occuper l’Égypte afin de couper la route des Indes aux Britanniques, et d’en faire une colonie. L’armée française met en déroute les gouverneurs mamlouks, et occupe le pays, ce qui va achever de déconsidérer les anciens gouvernants aux yeux des arabes. Elle est accompagnée de techniciens, d’administrateurs, de savants, qui excitent la curiosité des ‘ulamâ’ et les initient au savoir occidental. Le chroniqueur et historien ‘Abd ar-Rahmân al-Jabartî (1753-1825) donne un précieux témoignage de cet émerveillement des élites, doublé de la prise de conscience du retard de leur pays sur l’Europe. Le projet militaire des Français échoue, cependant, à leur départ, les ‘ulamâ’ feront tout pour empêcher le retour au pouvoir des mamlouks et élisent comme gouverneur Muhammad ‘Alî, officier albanais de l’armée turque. Celui-ci, militaire, a pour priorité la modernisation de l’armée et de l’appareil d’État. Néanmoins, il a conscience que toute réforme passe par la formation d’une élite et donc la mise en place d’une politique éducaive ouverte. Dans ce but, il fonde la première imprimerie égyptienne à Bûlâq en 1822, ouvre des écoles laïques, prmaires et secondaires, et envoie des étudiants boursiers se former en Europe. Ces trois facteurs seront les éléments déterminants du renouveau de la littérature arabe.

[modifier] La réactivation des genres littéraires classiques (al-ihyâ’)

De la la maqâma (مقامة) et la rihla (رحلة)vers le roman de formation

Deux mouvements se font sentir:

Ihyâ' (احياء) litt. "réanimation, revivification" Processus qui consiste à se tourner vers le patrimoine arabe classique pour le réinventer. Analogies avec la Renaissance européenne

Iqtibâs (اقتباس) litt. "allumage de son feu au foyer d’un autre"; puiser son inspiration dans les œuvres littéraires européennes, voire les adapter ou les imiter. Divergences avec la Renaissance.

[modifier] Quelques auteurs et œuvres-clé

[modifier] Rifa'a al-Tahtawi (1801-1873)

[modifier] ‘Alî Mubârak (1823-1893)

Dans son livre ‘Alam ad-dîn (1882), pseudo-roman à vocation didactique, il relate le voyage de deux personnages, un Egyptien et un Britannique, à travers l’Égypte puis la France. Relevant de la tradition de la rihla autant que de la maqâma, il a pour but d’instruire le lecteur, et à cet effet regorge d’informations diverses. Il se distingue par l’introduction d’une structure narrative qui, quoique lâche, souligne le désir de divertir le lecteur. On peut noter que les relations entre les personnages ne sont pas conflictuelles, et bien au contraire insiste sur la nécessité de coopération entre Occident et Orient.

[modifier] Muhammad al-Muwaylihî (1868-1930)

Il écrit Hadîth ‘Isâ B. Hishâm (trad. fr. Ce que conta ‘Isâ Ibn Hishâm, 2005) qui sera tout d’abord publié en feuilleton dans le journal appartenant à son père (1898-1902), puis publié en volume en 1907. Le titre est emprunté à un personnage des maqâmât de al-Hamadhânî. Le protagoniste principal en est un pacha de l’époque de Muhammad ‘Alî, réssuscité au milieu du XIXè siècle. Un jeune lettré du Caire, personnage du titre, le fait voyager dans les couches de la société cairote. Les instituations et les différents milieux sont décrits avec ironie, que ce soient la bourgeoisie nouvelle qui singe les mœurs occidentales sans les avoir assimilées, ou la Justice corrompue. Ensuite, les deux personnages partent visiter l’Europe et l’Exposition Universelle de Paris, décrite avec précision. Bien que son style soit traditionnel et sa prose souvent rimée, l’originalité du thème et de la construction en fait une œuvre charnière dans la littérature arabe

[modifier] Revues littéraires arabes

[modifier] verve poétique en Tunisie

  • Le regard du critique littéraires doit souvent ses jugements à la réception des textes d’auteurs tunisiens contemporains. Sa tâche n’est si aisée, car il s’imprègne d’un héritage culturel hybride, renvoi implicite à la littérature française et écho d’une littérature mère arabe qui s’érige comme un modèle authentique. Le camp d’investigation de cette littérature relativement jeune demeure celui des thématiques universelles sauf les plus fortes : l’expression d’un tragique cornélien ou élisabéthain, l’effervescence d’un comique inhérent à la nature de l’être… la littérature tunisienne contemporaine est souvent porteuse de cette conscience de l’avenir et des formes les plus variées, elle puise dans l’univers arabo-musulman ses richesses, dans l’image punique, carthaginoise ou romaine se reflets et dans l’art berbère sa tonalité. Cela pourrait se présenter comme des spéculations mais les notes que tenterons de communiquer suivent les éditions d’ouvrages poétiques ou en prose dans la période contemporaine. Il nous faut dès lors mettre l’accent sur l’aspect polyphonique de cette littérature en devenir qui s’exprime en deux langues sans connaître de limites à l’art. ’écrit poétique tient faire miroiter les dons du Moi qui relate une identité vagabonde. Son seul souci serait de siéger dans l’univers paradoxal du dire et du faire pour nourrir les racines du pays : mais quel pays ?, celui de l’origine ou celui de l’imaginaire.

*Afin d’aborder la poésie tunisienne contemporaine nous tenons à évoquer la problématique de la paternité poétique. C’est que les nombreuses expériences poétiques survenue après l’indépendance ont beaucoup souffert de ce modèle imposant et majestueux de Chabbi . Les voix qui ont retenti n’ont ni opéré la rupture d’une manière brutale ni servi la continuité symbolique de cet héritage symbolique. Il y a eu un hiatus ; un vide, une instauration de deux rives opposées sans penser à édifier un pont. Mais ce qui importe c’est que des expériences très rapprochées, aux registres polyphoniques similaires se sont succédé pour bâtir cette écriture dite tunisienne alors qu’elle tente pour la plupart de restructurer en transe les cheminements poétiques des grands Saèbe, kabani, Saadi, Bayati… avec un soupçon de goût asiatique, ou euro-américain. Nous ne pouvons douter de la valeur édifiante des expériences subtiles de Youssef Rzouga, Moncef Louhaïbi, Mohamed Ghozzi, Moncef Mezghani, Ouled Ahmed, Midani Ben salh, Hafedh Mahfoudh, Jaziri, et toutes ces voix qui suggèrent l’oralité d’antan mais il nous semble que nous sommes en présence de variations stylistiques sur le même longueur d’ordre.

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